· parce qu'ils peuvent lui parler de cette période dee sevrage en connaissance de cause. Ils y sont passés 4 à 6 mois plus tôt.
· parce que cela les conforte eux-même dans leur guérison en les valorisant à leurs propres yeux par l'aide qu'ils apportent à l'autre.
Il faut accompagner ce sevrage par des marches à la campagne, des dialogues, des tisanes diurétiques pour éliminer les toxines et des massages décontractants.
En 10 à 15 jours, le sevrage physique est accompli, le malade retrouve un certain plaisir de vivre. Il n'est pas guéri pour autant. Le remettre à la rue serait la rechute quasi-assurée.
2ème phase : restructuration psychologique
· D'abord apprendre au jeune à se réassumer dans son hygiène personnelle, sa vie quotidienne, à se prendre en charge.
· Le faire participer aux activités quotidiennes de la vie du groupe -cuisine, jardinage, petits entretiens - complétées par des activités sportives et culturelles.
· Et à l'occasion de dialogue, comprendre comment et pourquoi il en est arrivé là. Pour l'aider ensuite à trouver une réponse aux causes aggravantes quand il y en a.
En 2 à 3 mois, le jeune retrouve en général santé et plaisir de vivre. Là est le premier danger car lui et sa famille peuvent penser qu'il est guéri et demander à quitter l'espace communautaire et ses 'contraintes'. Or, il n'est pas guéri:
· Il lui reste le souvenir des plaisirs de la drogue non encore effacé du 'disque dur' de sa mémoire. Il faut 12 à 18 mois et qu'il est acquis une certaine force de caractère pour y résister.
· La plupart d'entre eux du fait de la drogue ont quitté l'institution scolaire sans avoir acquis de connaissances professionnelles. Or si le chômage n'est pas la cause de la toxicomanie, en revanche, la crise économique et la difficulté de trouver un travail faute de qualification professionnelle condamne le jeune sevré au chômage, à l'inaction. "Il flippe" et fuit dans la drogue.
3ème phase : préparation à la réinsertion socio-professionnelle
Cette phase de 12 à 15 mois permet l'apprentissage de responsabilité, l'apprentissage ou l'approfondissement d'un métier, le respect des règles sociales librement consenties, bref, la préparation à la réinsertion socio-professionnelle après des années d'esclavage.
Pour ce faire, il faut donner, à chaque pensionnaire, des responsabilités dans la vie de la communauté, le faire participer à l'auto-subsistance du groupe par la culture, l'élevage, l'entretien et l'amélioration des locaux, l'administration, etc. en fonction du potentiel de chacun, le tout complété par un apprentissage professionnel.
En le faisant participer à la vie du groupe, on conforte sa guérison, on le prépare au retour dans la vie en société. De plus, le centre est d'un coût moindre pour la collectivité nationale - 2 à 3 fois moins élevé qu'un centre de cure classique. On peut même dégager un pécule, fruit de son travail, qui peut l'aider à repartir dans la vie après ses 15 mois à 2 ans passés dans l'espace communautaire.
Il est bon de prévoir un environnement de soutien professionnel pour prévoir la réinsertion professionnelle des pensionnaires à leur sortie.