Le Figaro - Le 9 Mars 1998 - Les 'Martyrs' de la drogue
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Le Figaro - Le 9 Mars 1998, Les 'Martyrs' de la drogue
Il n'y a pas de drogues douces. On ne peut accepter le risque que les pétitionnaires font prendre à des enfants abusés.
Les pétitionnaires...
Un provocateur et plus de deux cents suiveurs, en déclarant publiquement qu'ils ont usés de stupéfiants (ou en usent toujours), s'offrent aux sanctions de la loi et se présentent quasiment comme les martyrs d'une société tant répressive qu'ignorante.
Les beaux esprits que voilà! Le seul risque qu'ils prennent, c'est d'avoir de la publicité dans la presse, ce qu'ils cherchent pour se prouver qu'ils existent et font partie de la 'nomenklatura parisienne branchée'.
Ils savent parfaitement que personne en France depuis la loi de 1970 n'est allé en prison pour incitation à usage de drogues ni même été condamné à une sanction financière dissuasive.
Qu'ils pensent un peu plus aux jeunes...
Qu'ils aient besoin de drogue pour essayer de doper le talent qu'ils se prêtent, ou simplement pour supporter leur propre vide, que leur seule préoccupation soit la jouissance de plaisirs immédiats... et qu'ils éprouvent la gloriole de s'en vanter, est certes triste, mais leur santé morale, psychique et physique est leur problème d'adulte.
Par contre, ce qu'on ne peut accepter, c'est le risque que, par leur exemple, ces nantis célébrés par les médias font prendre à des dizaines de milliers d'adolescents qui risquent de croire qu'on peut impunément prendre des drogues parce qu'elles sont dites 'douces' alors qu'en fait ils risquent de se retrouver esclaves, leur avenir brisé et exclus de la société.
Mais l'avenir des enfants ne semble guère à ces 'pétitonnaires' branchés? Et d'ailleurs, comien d'enfants et de petits-enfants ont-ils tous réunis?
Oseraient-ils se dire victimes d'un discours unilatéral?
Avec l'impudeur qui les caractérise -l'usage de drogue affaiblit la conscience morale-, ils osent dire qu'ils ne peuvent supporter que le seul discours autorisé soit celui de la loi, alors que depuis vingt-cinq ans les médias sont inondés de leurs discours en faveur du libre usage des drogues.
En fait, ce sont nous, les tenants d'une 'société sans drogue', qui sommes exclus du débat car sont délibérément censurés nos communications sur les dangers de l'usage des drogues (et notamment du cannabis, par excellence drogue-piège des adolescents) et sur ceux de l'ecstasy, et sur le caractère fallacieux des traitements à la méthadone et au subutex qui, loin de libérer le toxicomane, l'enfonce dans sa dépendance.
Cela fait vingt-cinq ans qu'à longueur de colonnes, d'émissions de radio ou de télévision, on désinforme l'opinion en banalisant les drogues, en multipliant les citations d'artistes et autres personnalités médiatiques, avec la seule préoccupation de permettre aux tricheurs de se doper en toute quiétude morale, dans le mépris des centaines de milliers de jeunes dont la vie sera brisée et la famille plongée dans le désarroi.
Un vrai débat public?
Mais nous le demandons depuis vingt ans, sans être entendus! Mon audition publique devant la commission Henrion a été délibérément exclue des séances télévisés en direct de ladite Commission et un quotidien du soir, dit 'sérieux', l'a censurée dans son compte-rendu. Alors chiche pour un vrai débat, enfin honnête, avec à la télévision le même temps de parole contrôlé par le CSA et la même surface dans la press écrite?
Alliés objectifs des traffiquants, les promoteurs de la drogue craignent nos explications sur les dangers de l'usage de tous les stupéfiants, cannabis compris, explications basées sur les acquis scientifiques récents.
Ils refusent notre démonstration que la drogue n'est ni une fatalité, ni une composante obligatoire de notre société, pas plus qu'ils n'admettent qu'offrir aux jeunes l'accès à de nouvelles drogues n'est pas gage de modernité mais signe de décadence.
Les vrais dangers des drogues... Nous voulons juste les communiquer sans censure ni distorsion
La toxicomanie des jeunes, fléau récent, est une 'loterie du malheur' qui touche sans distinction les enfants de tout milieux social, ethnique ou religieux.
On peut la prévenir, la guérir, l'éradiquer. Il suffit de le vouloir. Ce ne sont pas 600.000 adultes irresponsables, soit à peine 1% des Français qui vont dicter leur loi à l'ensemble de la Nation, pour leur bonne consience morale... et pour le bénéfice mercantile des trafiquants.
Avec un grand public contradictoire, la grande majorité des familles françaises qui ont des enfant qu'ils essaient d'élever correctement se mobilisera pour défendre les enfants des menaces que les drogues font peser sur leur avenir et pour assurer le droit des jeunes à vivre libre sans drogue, condition première de la pleine possession de leurs moyens intellectuels et physiques pour être à même de construire leur avenir. Nous en prenons le pari!
Dr L. Hovnanian
Ancien Député Maire de Saint-Gratien Président du Comite National d'Information sur la Drogue Président du Collectif Une France Sans Drogue Président du Collectif Europe Sans Drogue
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